Le dernier bilan rapporté de l’attentat à la bombe survenu le 1er août au restaurant Balzi Rossi, à Moscou, fait état de cinq morts et 19 blessés, selon l’AP. Les autorités avaient initialement rapporté trois morts.
Les éléments recueillis pointent vers l’identité de la cible visée : la vidéo d’un invité montre une banderole de scène portant l’inscription « Alexandre, 55 ans », et le commandant des Forces aérospatiales, le général Alexandre Tchaïko, a eu 55 ans le 27 juillet, selon Meduza. Des sources internes citées par l’ISW ont affirmé que des généraux du ministère de la Défense, de hauts responsables du FSB, des députés de la Douma d’État et des membres du gouvernement étaient présents, tandis que du personnel hors service du Service fédéral de protection assurait la sécurité. Rien de tout cela n’a été officiellement confirmé.
Tchaïko avait commandé les forces russes progressant sur Kyiv en 2022, dirigeant les opérations depuis un jardin d’enfants réquisitionné dans le district de Boutcha, et l’UE l’avait sanctionné pour son rôle de commandement durant le massacre de Boutcha. L’Ukraine a engagé des poursuites in absentia contre Tchaïko pour avoir mené une guerre d’agression, et l’accuse par ailleurs d’avoir ordonné une frappe aérienne sur des zones résidentielles et des infrastructures civiles à Korosten. Il avait été nommé commandant en chef des Forces aérospatiales russes en mai 2026, le plaçant à la tête du service responsable de la campagne russe de missiles aéroportés et de bombes planantes contre l’Ukraine.
Verstka a identifié l’une des femmes blessées comme étant la fille de Tchaïko, Maria, à partir de documents ayant fuité ; ni cette identification ni son état de santé n’ont été officiellement confirmés. Les autorités n’ayant pas rendu publique l’identité des victimes, de hauts responsables militaires ou sécuritaires pourraient figurer parmi les blessés si la liste d’invités rapportée s’avère exacte ; aucun élément disponible ne permet à ce stade de l’identifier.
Le Comité national antiterroriste russe a indiqué qu’une femme avait été interceptée par un agent de sécurité alors qu’elle tentait d’entrer avec l’engin explosif ; tous deux ont été tués lors de sa détonation. Cet engin était dissimulé sous l’apparence d’un cadeau, et la femme en ignorait vraisemblablement le contenu, selon le Moscow Times.
Si Tchaïko était bien la cible visée, il s’agirait de la cinquième attaque signalée contre un général russe aux abords de Moscou depuis décembre 2024. Igor Kirillov, Iaroslav Moskalik et Fanil Sarvarov ont été tués, tandis que Vladimir Alekseïev y a survécu. En intégrant le colonel Damir Davydov, dont le décès aurait été rapporté en juin, cette série visant des officiers supérieurs compte au moins six attaques et quatre morts.
L’Ukraine n’a revendiqué aucune responsabilité. Mais le fait qu’une bombe soit parvenue jusqu’à l’entrée d’un événement privé placé sous protection du FSO constitue, en soi, une faille sécuritaire majeure, que la cible visée ait ou non été effectivement atteinte.


