Les États-Unis intensifient leur pression sur l’Iran en combinant stratégies économique et militaire, alors que l’espoir d’un apaisement rapide des tensions s’amenuise. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que Washington annoncerait prochainement des mesures économiques contre Téhéran « comme on n’en a jamais vu dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays », lors d’un entretien accordé à l’émission « Rob Schmitt Tonight » de Newsmax, le 13 août, selon Reuters. Ces propos font suite à l’insistance renouvelée, ces derniers jours, du président Donald Trump en faveur de la pression économique plutôt que de l’escalade militaire ; il avait déclaré au week-end à Axios qu’il « restait discret » sur l’Iran.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a par ailleurs affirmé que le blocus naval des ports iraniens pourrait se poursuivre indéfiniment grâce à des rotations de navires, lors d’un point presse au Panama à l’issue des exercices PANAMAX, selon Reuters. L’Iran a laissé entendre qu’il était prêt à s’inscrire dans la même durée : un conseiller de haut rang du Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré le 12 août que Téhéran était prêt à prolonger le conflit, dans le cadre d’une réorganisation militaire plus large vers une posture plus offensive, selon Bloomberg.
Le porte-avions USS George Washington fait désormais route vers le Moyen-Orient pour relever l’USS Abraham Lincoln après un déploiement prolongé, selon le Wall Street Journal et l’AP, ce qui souligne la tension exercée par la prolongation des opérations navales. Le trafic dans le détroit d’Ormuz reste à environ un tiers de son niveau d’avant-guerre, et les prix du pétrole ont augmenté après que les déclarations de Washington sur le blocus avaient avivé les craintes de nouvelles perturbations, selon Reuters. Un pétrolier échoué, sous sanctions et transportant du brut russe, le Caroline Bezengi, fuit également du pétrole au large des côtes omanaises depuis plusieurs semaines, selon Semafor.
Cette double approche associe des sanctions destinées à affaiblir la capacité de Téhéran à soutenir le conflit à des mesures navales restreignant son accès aux échanges commerciaux. Alors que les deux camps signalent désormais leur disposition à un face-à-face prolongé, le risque est que cette pression, censée arracher des concessions, finisse au contraire par enraciner la confrontation autour du détroit d’Ormuz et des infrastructures énergétiques régionales.


