L’envoyé spécial des Nations unies, Hans Grundberg, a averti le Conseil de sécurité, le 13 août, que le Yémen court son risque le plus sérieux de retour à un conflit de grande ampleur depuis la trêve de 2022, citant une intensification de l’activité militaire le long des lignes de front et de récentes attaques houthistes à Ma’rib, dans le Hadramaout et à Moka, selon Reuters. Il a également averti que la reprise des attaques houthistes contre le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden risquait d’entraîner davantage le Yémen dans la confrontation régionale qui pèse déjà sur le détroit d’Ormuz.
L’agence de presse houthiste Saba a indiqué, le 13 août, que le groupe avait lancé deux drones contre une raffinerie de Saudi Aramco, à Jizan, la deuxième frappe de ce type en moins d’une semaine, selon Bloomberg. Une source militaire houthiste a présenté cette attaque comme des représailles à de présumées violations de l’espace aérien par l’Arabie saoudite au-dessus de Saada et de Hajja. Les autorités saoudiennes n’avaient pas confirmé cette frappe au moment de la publication.
Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a déclaré au Conseil de sécurité que plus de la moitié de la population yéménite fait face à une insécurité alimentaire aiguë, dont six millions de personnes à un niveau d’urgence, a rapporté Reuters.
La ligne de front sur le terrain reflète cette même fracture régionale. Les Houthis, alignés sur l’Iran, font face aux Forces de résistance nationale, une faction soutenue par les Émirats arabes unis placée sous l’autorité de Tareq Saleh, vice-président du Conseil présidentiel de direction, dans l’ouest de Taëz. L’avertissement de Grundberg souligne que la trêve yéménite n’est plus seulement un cessez-le-feu intérieur, mais une ligne de faille entre forces alignées sur l’Iran et forces soutenues par le Golfe, de plus en plus exposée à la guerre régionale plus large.


