Un tribunal syrien a condamné à mort par contumace, mardi, l’ancien président Bachar al-Assad, après l’avoir reconnu coupable de meurtre prémédité, de torture et de crimes contre l’humanité — un premier verdict pénal contre l’ancien dirigeant depuis l’effondrement de son gouvernement en décembre 2024. Le Quatrième tribunal criminel de Damas a condamné neuf accusés à mort au total, dont le frère d’Assad, Maher al-Assad, par contumace, ainsi que l’ancien chef de la Sécurité politique, Atef Najib, jugé en personne après sa capture au début de l’année 2025, selon Reuters. Le juge Fakhr al-Din al-Aryan a déclaré qu’Assad avait « utilisé les organes de l’État pour commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », lors d’une audience retransmise en direct à la télévision publique.
Najib, cousin d’Assad, avait dirigé la branche de la Sécurité politique à Deraa en 2011, lorsque ses forces avaient arrêté et torturé des adolescents pour avoir inscrit des graffitis anti-gouvernementaux — un épisode largement considéré comme le catalyseur du soulèvement national qui a dégénéré en guerre civile syrienne, selon Al Jazeera. Six autres anciens responsables de la sécurité ont été condamnés à mort par contumace, aux côtés de Najib et des frères Assad, a rapporté The National. Les procureurs ont présenté des preuves de torture systématique, de disparitions forcées et d’exécutions illégales, perpétrées par les branches de sécurité placées sous le commandement d’Assad, selon l’agence de presse officielle SANA.
Le tribunal a ordonné la poursuite internationale de Bachar et de Maher al-Assad, qui avaient obtenu l’asile en Russie après la prise de Damas par les forces d’opposition en décembre 2024, a rapporté CNN. Le gouvernement de transition syrien, dirigé par le président Ahmed al-Charaa, affirme coordonner ses efforts avec Interpol afin de placer Assad en tête d’une liste de personnes recherchées, et a formellement demandé son extradition à Moscou, bien que la Russie n’ait, à ce jour, donné aucun signe qu’elle s’y conformerait, selon Jordan News. Le tribunal a également ordonné la saisie des avoirs des accusés, a rapporté SANA — une mesure que des analystes juridiques estiment susceptible de soutenir de futures demandes internationales de gel d’avoirs, bien qu’aucune n’ait, à ce jour, été confirmée.
Ce verdict s’ajoute à un nombre limité de poursuites ayant abouti à un procès, alors que la Syrie continue de faire face aux exactions commises durant près de 14 années de conflit, du soulèvement de mars 2011 jusqu’au renversement d’Assad en décembre 2024, un conflit ayant fait environ un demi-million de morts, selon CNN. Ce jugement constitue une étape symbolique majeure dans la transition post-Assad de la Syrie, mais il devrait difficilement permettre de placer l’ancien président en détention, tant qu’il demeurera en Russie. Dans le même temps, des organisations de défense des droits humains continuent d’exhorter les autorités de transition à veiller à ce que les efforts visant à rendre justice, longtemps attendus, s’accompagnent de normes de procédure régulière reconnues à l’échelle internationale, selon Amnesty International.


