L’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, le Pakistan, l’Indonésie, la Turquie, le Qatar et les Émirats arabes unis ont publié dimanche une déclaration commune imputant à Israël le blocage du processus de paix à Gaza porté par le président américain Donald Trump, selon Arab News. L’Égypte, le Qatar et la Turquie figurent parmi les médiateurs désignés dans la feuille de route ; les cinq autres États lui apportent un poids diplomatique, en dehors du cadre formel de médiation. Les huit ministres des Affaires étrangères ont affirmé que le rejet par Israël de la feuille de route, comme de la perspective d’un État palestinien, « confirme qu’Israël porte désormais la responsabilité d’entraver » les efforts de paix, qualifiant ces positions de « répudiation directe » du plan.
Cette feuille de route, entérinée par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies, fait suite à l’accord donné fin juillet par le Hamas à l’ensemble du plan, incluant un désarmement échelonné, un retrait israélien, le déploiement d’une force internationale de stabilisation et le transfert de l’administration à un comité technocratique palestinien. Les tensions qui ont suivi portent essentiellement sur la méfiance israélienne quant à la mise en œuvre effective de ces engagements par le Hamas : des analystes cités par Al Jazeera et The Hill doutent que le mouvement se désarme réellement, tandis que le premier ministre Benyamin Netanyahou a rejeté la feuille de route, la jugeant « inacceptable », et affirme que les troupes ne se retireront pas tant que le Hamas ne sera pas « véritablement » désarmé.
Le rejet exprimé par Netanyahou, annoncé le 9 août, est largement rattaché par la presse régionale à l’élection israélienne du 27 octobre, pour laquelle sa coalition est créditée de sondages inférieurs à la majorité, et dont les partenaires d’extrême droite s’opposent à tout retrait avant un désarmement total du Hamas.
La déclaration des huit pays a exhorté Washington et le Conseil de la paix à prendre des « mesures concrètes » pour contraindre Israël à se conformer à ses engagements — une pression qui intervient alors que l’émissaire américain Jared Kushner rencontre des médiateurs au Caire et doit s’entretenir avec Netanyahou lundi.


