L’émissaire américain Jared Kushner est retourné au Moyen-Orient pour faire avancer la feuille de route en 15 points du président Donald Trump pour Gaza, mais ce déplacement a davantage mis au jour qu’apaisé un différend avec Israël : le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait publiquement rejeté le plan avant même la visite de Kushner, ce que l’AP a décrit comme une rare démonstration publique de défiance envers l’administration Trump. Kushner s’est entretenu plus de deux heures au Caire, le 16 août, avec le chef politique du Hamas, Khalil al-Hayya, en présence de médiateurs égyptiens, qataris et turcs, avant de se rendre le lendemain à Jérusalem pour une longue rencontre avec Netanyahou, selon Reuters.
Netanyahou a juré qu’il n’y aurait aucun retrait militaire israélien tant que le Hamas ne serait pas « véritablement » désarmé, selon CBS News. Le Hamas, qui affirme avoir déjà accepté la feuille de route, exige que les forces israéliennes se replient d’abord vers la « ligne jaune », une frontière qui n’a jamais été précisément définie. Netanyahou avait auparavant déclaré que les forces israéliennes contrôlaient environ 60 % de Gaza et que l’étape suivante consisterait à porter ce chiffre à 70 %, selon l’AP.
Kushner a déclaré à Fox News après la rencontre de Jérusalem que des progrès sur la démilitarisation de Gaza pourraient débuter dans les 30 jours, selon Israel National News. Il a affirmé que le Hamas avait employé au Caire les mots qu’il fallait, mais qu’il serait jugé sur ses actes, avertissant que si le groupe ne passait pas des paroles aux actes, Israël bénéficierait « d’un soutien bien plus large des États-Unis et d’autres pays pour aller achever le travail de la manière appropriée ». Selon la feuille de route telle qu’exposée précédemment, les armes du Hamas devraient échapper au contrôle des combattants tandis qu’un comité technocratique palestinien de 15 membres prendrait en charge l’administration civile, sous le mécanisme de supervision internationale envisagé, selon de précédents articles d’Al Jazeera sur la structure de cette feuille de route ; ce compte rendu est antérieur au cycle actuel de négociations et décrit la conception du plan plutôt que son état d’application actuel.
L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont publié une déclaration conjointe condamnant le rejet du plan par Israël, affirmant qu’« Israël porte désormais la responsabilité de faire obstacle » à toute avancée, selon l’AP. La mission de Kushner se heurte donc à un désaccord sur l’ordre des étapes qui s’est durci plutôt qu’apaisé : le Hamas veut un retrait avant tout désarmement complet, Israël veut un désarmement avant tout retrait, et Washington n’est pour l’heure pas parvenu à concilier les deux positions.


