Les mines terrestres et les munitions non explosées demeurent l’un des principaux obstacles à la reconstruction et au retour sécurisé des civils, dans les anciennes zones de conflit d’Azerbaïdjan. Source : Xalqqazeti.
L’Azerbaïdjan sollicite l’assistance des États-Unis en matière de technologies avancées de déminage, faisant valoir qu’une détection et un retrait plus rapides des mines sont devenus le principal obstacle à la reconstruction des territoires sous son contrôle, après des décennies de conflit avec l’Arménie. L’ambassadeur d’Azerbaïdjan aux États-Unis, Khazar Ibrahim, a déclaré à Axios que Bakou espérait que Washington puisse contribuer à accélérer les efforts de cartographie, de détection et de déminage, dans l’un des pays les plus lourdement contaminés par les mines au monde. Cet appel intervient alors que Washington, Erevan et Bakou marquaient le premier anniversaire du Sommet de la paix à la Maison-Blanche, où le président Ilham Aliev et le Premier ministre Nikol Pachinian avaient signé une déclaration conjointe s’engageant à mettre fin au conflit vieux de plusieurs décennies, bien qu’un traité de paix global reste encore à signer et à ratifier.
Cette contamination constitue l’héritage de décennies de conflit, y compris de vastes champs de mines défensifs posés le long de l’ancienne ligne de contact, et de munitions non explosées laissées derrière à mesure que le territoire changeait de mains au fil de guerres successives. Les autorités arméniennes ont transmis des centaines de cartes de champs de mines à l’Azerbaïdjan, mais l’ANAMA affirme que nombre d’entre elles se sont révélées incomplètes ou insuffisamment précises, limitant leur valeur opérationnelle et ralentissant les efforts de déminage à travers le territoire désormais administré par Bakou.
L’Agence nationale azerbaïdjanaise de lutte antimines (ANAMA), l’organisme d’État chargé du déminage, a considérablement élargi ses opérations ces dernières années, tout en introduisant des méthodes de plus en plus mécanisées pour retirer les dangers explosifs. Les estimations officielles font état de plus d’un million de mines terrestres, et d’une quantité inconnue de munitions non explosées, réparties sur environ 12 % du territoire azerbaïdjanais, faisant de ce pays l’un des plus lourdement contaminés au monde par rapport à sa taille. De vastes zones demeurent néanmoins dangereuses, ralentissant les projets de logement, les infrastructures de transport, la remise en état agricole et la reprise économique plus large.
Ibrahim a déclaré à Axios que l’Azerbaïdjan recherchait des technologies et techniques de déminage américaines avancées, capables d’accélérer le déminage tout en réduisant les risques pour le personnel. Les capacités envisagées incluent une télédétection améliorée, l’analyse géospatiale, des systèmes sans pilote et des technologies de déminage mécanique plus efficaces, bien que ni Bakou ni Washington n’aient précisé quelle assistance spécifique pourrait, en définitive, être fournie. Cette demande traduit également l’effort plus large de l’Azerbaïdjan visant à approfondir sa coopération avec les États-Unis dans les domaines de la technologie, de la défense et d’autres secteurs stratégiques.
Cette demande revêt une importance dépassant le seul cadre du déminage humanitaire. Le déminage constitue une condition préalable au programme « Grand Retour » de l’Azerbaïdjan, qui vise à réinstaller les personnes déplacées à l’intérieur du pays, au Karabakh et dans les districts environnants, après des décennies de déplacement. Il est également essentiel pour rétablir les liaisons de transport, reconstruire les infrastructures énergétiques et de communication, et faire progresser le développement économique à travers les anciennes zones de conflit. Les terres contaminées continuent de retarder les efforts de Bakou visant à établir un contrôle administratif et économique complet sur les territoires revenus sous autorité azerbaïdjanaise à la suite de la guerre de 2020.
La coopération entre les États-Unis et l’Azerbaïdjan en matière de déminage précède la demande actuelle, et s’inscrit dans une relation bilatérale plus large qui s’est élargie au cours de l’année écoulée. L’organisation américaine Marshall Legacy Institute a offert 93 chiens détecteurs de mines à l’ANAMA depuis 2005, faisant de la lutte antimines l’un des domaines de coopération pratique les plus anciens entre les deux pays. Cette relation s’est encore renforcée en février, lorsque le vice-président JD Vance s’est rendu à Bakou et a signé, avec le président Aliev, une charte de partenariat stratégique couvrant l’énergie, la connectivité numérique, le dialogue de défense et la sécurité maritime, bien que cet accord n’engage pas spécifiquement Washington à fournir des technologies de déminage.
Reste à savoir si les États-Unis accepteront, en définitive, de fournir des capacités avancées de déminage. L’appel de l’Azerbaïdjan illustre néanmoins la manière dont le Caucase du Sud entre dans une nouvelle phase, où le succès du processus de paix dépendra non seulement de la diplomatie, mais aussi du travail minutieux consistant à retirer l’héritage physique de décennies de guerre. Déminer les terres contaminées est devenu une condition préalable à la reconstruction, au retour des civils déplacés et à la restauration d’une vie économique normale.


