Des combats ont éclaté près de Sheraro, dans l’ouest du Tigré, le 1er août, dans ce que des analystes qualifient de plus grave violation, à ce jour, de l’accord de paix de Pretoria conclu en 2022 en Éthiopie. Le gouvernement régional du Tigré a affirmé que les forces fédérales avaient lancé, à l’aube, un assaut en direction de la ville, selon une déclaration de Mekelle rapportée par Al Jazeera.
Le ministre éthiopien Abraham Belay a confirmé ces affrontements, mais en a imputé la responsabilité à des forces loyales au président du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), Debretsion Gebremichael, appelant au dialogue. Les autorités tigréennes ont, de leur côté, répliqué qu’Addis-Abeba menait un blocus soutenu et, selon elles, une campagne de drones contre la région, présentant ces affrontements comme une escalade vers une guerre totale.
Cette flambée de violence vient couronner l’effondrement progressif des dispositions fondamentales et jusqu’ici non résolues de l’accord de Pretoria : le désarmement des forces tigréennes et le rétablissement du statut légal du TPLF. Washington avait décidé, en juin, d’imposer des restrictions de visa aux figures du TPLF qu’il qualifiait de « radicales », avertissant que la montée des tensions « menaçait de rallumer le conflit », selon une déclaration du département d’État américain. Dès la mi-juillet, le TPLF traitait déjà, semble-t-il, cet accord comme caduc, alors même que l’ambassadeur américain Ervin Massinga s’était rendu à Mekelle dans une ultime tentative de le préserver.
Le spécialiste de l’Éthiopie Kjetil Tronvoll a qualifié cette situation de plus grande épreuve traversée par l’accord depuis sa signature. L’analyste Faisal Roble a estimé que ces combats signalaient l’échec de la médiation américaine : « Sans une intervention internationale de poids, nous pourrions nous diriger vers une guerre bien plus vaste. »


