L’Allemagne a reconnu, sans annonce formelle, que son obusier RCH 155 se trouve désormais en Ukraine. En visite à l’usine de Kassel de KNDS — l’entreprise de défense franco-allemande —, le 21 juillet, le ministre de la Défense Boris Pistorius a déclaré aux employés que ce système « est très bien accueilli en Ukraine », précisant que la première unité était partie pour l’Ukraine deux ans plus tôt. Hartpunkt, premier média à avoir rapporté ces propos, y a vu une confirmation indirecte ; la couverture du sujet par Bild, début août, relayée par Weltwoche, lui a valu une attention plus large.
L’Allemagne avait déjà rendu ce programme public, organisant en janvier 2025, à Kassel, une cérémonie symbolique de remise du premier RCH 155. Ce qui n’avait pas été confirmé auparavant, c’est que des systèmes entraînés se trouvent désormais en Ukraine ; ni l’armée allemande, ni KNDS, ni Kyiv n’ont formellement commenté ces propos. Le RCH 155 associe une tourelle de canon automatisée au châssis du véhicule Boxer 8×8, permettant à un équipage de deux personnes de tirer en mouvement jusqu’à 100 km/h — une conception censée réduire l’exposition aux tirs de contre-batterie, bien qu’aucun cas documenté ne relie cela à des opérations ukrainiennes précises.
Cette annonce s’inscrit dans un soutien allemand plus large. À la mi-février 2026, Berlin avait fourni à l’Ukraine environ 55 milliards d’euros d’aide militaire et 39 milliards d’euros d’aide civile depuis février 2022 — chars Leopard, véhicules Marder, systèmes de défense antiaérienne IRIS-T et Patriot, artillerie et munitions —, tout en formant 24 000 soldats ukrainiens. Berlin se présente comme le deuxième donateur de Kyiv, derrière les États-Unis ; le suivi effectué par l’Institut de Kiel confirme globalement ce classement, bien que les totaux varient selon que l’on mesure les engagements, les allocations ou les livraisons effectives.
Pour 2026, l’Allemagne a budgété environ 11,5 milliards d’euros au titre de la poursuite de son aide militaire, destinée à soutenir les livraisons d’artillerie, de défense antiaérienne et de drones jusqu’en 2027. Le nombre d’unités de RCH 155 déjà parvenues au front, ainsi que la date d’arrivée du reste de la commande ukrainienne, portant sur 54 unités, demeurent non divulgués. L’engagement budgétaire reste, à ce stade, l’indicateur le plus clair de l’engagement allemand continu dans cette guerre.


