Les membres est-européens de l’Otan s’apprêtent à proposer un soutien financier accru pour les forces américaines stationnées sur leur sol, cherchant à influencer un examen du Pentagone susceptible de réduire l’empreinte de Washington sur le continent, selon une information de Bloomberg reprise par le Japan Times. Cette initiative reflète l’inquiétude des alliés situés à la frontière de l’Otan avec la Russie et la Biélorussie, qui craignent qu’une présence américaine amoindrie n’affaiblisse la dissuasion, alors que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine se poursuit. Les gouvernements d’Europe de l’Est ont déjà relevé leurs propres budgets de défense, et la proposition qui se dessine témoigne d’une volonté d’absorber des coûts de stationnement supplémentaires afin de maintenir les troupes américaines à proximité du flanc oriental de l’Alliance.
Le Pentagone a officiellement lancé le 28 juillet son examen du dispositif militaire américain en Europe, sous la direction du sous-secrétaire à la Défense chargé des politiques, Elbridge Colby, après que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait présenté cette initiative lors de la réunion des ministres de la Défense de l’Otan le mois précédent. Les alliés ont été invités à répondre à un questionnaire du Pentagone, alors que Colby se prépare à rencontrer des représentants de l’Otan à Bruxelles la semaine prochaine.
Ce questionnaire va au-delà des habituelles mesures de partage du fardeau. Selon le RUSI, il interroge les alliés sur leur soutien public aux politiques de l’administration Trump et sur leurs achats auprès d’industriels américains de la défense. Ces questions ont suscité des inquiétudes quant à la possibilité que Washington prenne en compte l’alignement politique, l’accès opérationnel et les achats auprès d’entreprises américaines de défense, aux côtés de considérations militaires et de partage du fardeau plus traditionnelles.
Des diplomates avertissent également que des offres unilatérales émanant d’alliés orientaux pris individuellement pourraient déclencher une compétition entre États membres cherchant à conserver les troupes américaines, compliquant les efforts visant à élaborer une réponse européenne coordonnée face à une présence militaire américaine potentiellement réduite.
Sur les quelque 80 000 à 100 000 soldats américains qui font des rotations en Europe, plus d’un tiers sont basés en Allemagne, tandis que la Pologne et les États baltes accueillent des contingents plus modestes malgré leur proximité avec la Russie et la Biélorussie, selon Bloomberg. Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a déclaré en juin que Washington réduisait sa contribution au modèle de forces de l’Otan pour répondre à des besoins ailleurs, tout en soulignant que ce changement ne déterminerait pas la contribution des États-Unis en cas de conflit relevant de l’article 5.
L’examen du Pentagone devrait s’achever d’ici la fin de l’année, laissant aux alliés orientaux plusieurs mois pour démontrer que le maintien de forces américaines à proximité de la Russie demeure stratégiquement précieux, alors même que l’Europe assume une part croissante de sa propre défense conventionnelle.


